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Depixelise
Article · 4 min

Sérigraphie textile : couleurs, écrans et fichier du logo

Une couleur, un écran : les logos qui passent mal en sérigraphie textile, la sous-couche des tissus foncés et le fichier à envoyer au sérigraphe.

Par Gaël Pons

Publié le , mis à jour le 

une main tire la raclette sur un écran de sérigraphie, l'encre vert néon passe à travers le pochoir ENCRE sur un tee-shirt blanc, un sticker Depixelise sur le cadre

La sérigraphie textile imprime votre logo couleur par couleur, un écran par teinte : chaque couleur ajoutée alourdit la préparation. Elle réclame un fichier vectoriel (un dessin décrit par des formes, là où une photo aligne des petits carrés de couleur), des aplats francs et des références Pantone.

Qu’est-ce que la sérigraphie textile ?

La sérigraphie textile est une impression au pochoir : l’encre traverse un tissu très fin tendu sur un cadre, l’écran, uniquement là où le dessin du logo a été laissé ouvert. Pour fabriquer cet écran, l’atelier l’enduit d’une émulsion sensible à la lumière, l’expose sous un film imprimé du motif, puis le rince : seules les zones du logo laissent encore passer l’encre. Une raclette pousse ensuite l’encre à travers l’écran, sur chaque vêtement.

Le rendu se reconnaît au premier coup d’œil : des couleurs pleines et couvrantes, des bords francs, et une tenue au lavage parmi les meilleures des techniques de marquage.

La sérigraphie compte les couleurs parce que chaque teinte du logo exige son propre écran, son propre calage sur la machine et son propre passage d’encre. Un logo noir et rouge demande deux écrans ; posé sur un sweat marine, il en demande souvent un troisième pour la sous-couche blanche.

Ces écrans se préparent une seule fois pour toute la série. Sur dix pièces, ils pèsent lourd dans le prix de chaque vêtement ; sur plusieurs centaines, ils deviennent presque invisibles. C’est pourquoi un devis de sérigraphie se lit en deux lignes : la préparation, comptée par couleur, et l’impression, comptée par pièce.

Votre logoEn sérigraphieQue faire
1 à 3 couleurs en aplatsLe cas idéalRien à changer
4 couleurs ou plusFaisable, chaque écran s’ajoute au devisFusionner les teintes voisines
Dégradé ou ombre portéeImprimé en trame de pointsLe remplacer par des aplats, ou choisir le DTF
PhotoRendu délicat sur tissuPréférer le DTF

Quels logos passent mal en sérigraphie textile ?

Les logos qui passent mal en sérigraphie textile sont ceux qui reposent sur des nuances : dégradés, ombres portées, effets de transparence et photos. Les très petits détails posent aussi problème, car l’écran est une maille : une ouverture minuscule laisse mal passer l’encre, et un trait trop serré finit empâté.

Les cas qui reviennent le plus :

  • les dégradés, convertis en points plus ou moins gros, qui donnent un aspect granuleux sur un tissu ;
  • les traits très fins et les lettres minuscules, qui se bouchent ou s’épaississent à l’impression ;
  • deux couleurs presque identiques, deux bleus voisins par exemple : deux écrans payés pour une différence que personne ne verra ;
  • le fond blanc autour du logo, imprimé comme un rectangle si personne ne l’a retiré du fichier.

Mieux vaut simplifier le logo vous-même que laisser l’atelier décider : vous gardez la main sur ce qui disparaît.

Quel fichier envoyer pour une sérigraphie textile ?

Pour une sérigraphie textile, envoyez un fichier vectoriel (PDF, SVG, EPS ou AI) à fond transparent, avec les textes transformés en formes et chaque couleur nommée par sa référence Pantone. Précisez aussi le vêtement, sa couleur et la taille d’impression voulue. Si vous hésitez entre les formats, voyez quel format choisir entre SVG, EPS et PDF.

  • Un vectoriel, pas un JPG. Le film qui sert à fabriquer l’écran se tire à partir de formes nettes ; une image en pixels agrandie y laisse des bords en escalier, que le sérigraphe vous facturera en reprise. Vous comprendrez pourquoi les ateliers réclament tous un fichier vectoriel.
  • Des références Pantone. Le sérigraphe mélange chaque encre à la main : un code Pantone lui dit exactement quel vert préparer. Voyez comment retrouver la couleur Pantone de votre logo.
  • Des textes en formes. Si la police n’est pas installée chez l’atelier, son logiciel la remplace par une autre. La méthode pour vectoriser un texte règle la question avant l’envoi.

Qu’est-ce que la séparation des couleurs en sérigraphie ?

La séparation des couleurs, en sérigraphie, consiste à découper le logo en un calque par encre : chaque calque donnera un film, puis un écran. Dans un fichier vectoriel en aplats, l’opération est rapide, puisqu’il suffit de regrouper toutes les formes d’une même couleur. Dans un JPG, il faut d’abord redessiner le logo.

Beaucoup d’ateliers font cette séparation eux-mêmes. Un fichier déjà séparé, avec un calque par couleur nommé d’après sa référence Pantone, raccourcit pourtant le délai et limite les surprises. L’atelier ajoute souvent un léger chevauchement entre deux couleurs qui se touchent, pour qu’aucun liseré de tissu n’apparaisse si un passage se décale d’un cheveu.

Faut-il une sous-couche blanche sur un textile foncé ?

Oui, sur un textile foncé, la sérigraphie demande en général une sous-couche blanche, imprimée en premier pour que les couleurs du logo ne soient pas absorbées par le tissu. C’est un écran de plus à prévoir dans le devis. Si votre logo peut s’afficher entièrement en blanc, la version négative pour les fonds sombres se sérigraphie avec une seule encre, sans sous-couche. Pour la voir sur un tee-shirt noir ou marine, posez votre logo dans le générateur de mockup : un logo foncé d’une seule couleur y passe automatiquement en blanc.

Sérigraphie, DTF ou flocage : comment choisir ?

Le choix entre sérigraphie, DTF et flocage se fait d’abord à la quantité, puis au nombre de couleurs du logo. La sérigraphie l’emporte sur les séries de plusieurs dizaines de pièces à peu de couleurs ; le DTF (transfert imprimé en numérique) prend les petites quantités, les logos très colorés et les dégradés ; le flex, ce vinyle découpé que l’on appelle couramment flocage, convient aux textes et aux numéros. Les quatre techniques, broderie comprise, sont comparées dans notre guide du flocage de tee-shirt.

Comment obtenir un SVG que le sérigraphe accepte ?

Pour obtenir un SVG accepté par un sérigraphe à partir d’un simple JPG ou PNG, déposez le logo sur Depixelise : en une dizaine de secondes, ses formes sont redessinées en aplats nets, fond retiré. Le SVG est le format que la plupart des ateliers de marquage ouvrent sans discuter, brodeurs et graveurs compris. Le PNG transparent de 2000 px livré avec lui sert pour la maquette, le devis ou la boutique en ligne. Le résultat s’affiche en grand à l’écran, zoomable. Les quatre fichiers arrivent par email, 100 % gratuits, sans compte ni filigrane.

Deux réserves, pour être honnête : l’outil ne connaît pas vos références Pantone, à indiquer vous-même au sérigraphe, et quand le fichier d’origine est minuscule, l’outil l’agrandit d’office avant de redessiner ses contours. Vérifiez les lettres et les détails fins au zoom avant l’envoi.

Où commander une sérigraphie textile ?

Une sérigraphie textile se commande auprès d’un atelier local, pratique pour voir un échantillon et discuter du fichier, ou auprès d’un service en ligne. Sur la plupart de ces plateformes, vous composez la commande vous-même : vêtement, couleur, emplacement du logo. Le prix s’affiche dès cette étape, ce qui aide à comparer plusieurs options. D’autres services fonctionnent encore sur devis. Pour une première collection à votre nom, le guide pour créer sa marque de vêtement compare aussi la petite série et l’impression à la demande. Avant de commander, essayez votre logo sur un tee-shirt ou un sweat pour juger sa taille, sa place et son contraste avec la couleur du tissu. Quel que soit le prestataire, le fichier à fournir reste le même.

FAQ

Qu’est-ce qu’un transfert sérigraphique ?

Un transfert sérigraphique est un motif sérigraphié sur une feuille spéciale, puis posé sur le vêtement à la presse à chaud. Il garde le rendu de la sérigraphie, mais permet d’imprimer les motifs à l’avance et de les poser plus tard, pièce par pièce.

Peut-on faire de la sérigraphie textile soi-même ?

Oui, des kits pour débutants existent (cadre, émulsion, raclette, encres textiles), et un logo à une seule couleur se réussit après quelques essais. Au-delà de deux couleurs, aligner les passages devient difficile sans le carrousel des ateliers, cette machine à bras qui tient chaque écran en place.

Encre à l’eau ou plastisol : quelle différence ?

L’encre plastisol reste en surface du tissu : elle couvre bien, même sur du foncé, avec un toucher légèrement épais. L’encre à l’eau pénètre la fibre : toucher très doux, rendu plus mat, mais elle couvre moins sur les textiles sombres. L’atelier conseille souvent l’une ou l’autre selon la couleur du vêtement.

Comment laver un vêtement sérigraphié pour qu’il dure ?

Un vêtement sérigraphié dure plus longtemps lavé à l’envers, à basse température, sans sèche-linge, et sans jamais passer le fer directement sur le motif. Une sérigraphie qui craquelle au bout de quelques lavages trahit le plus souvent une cuisson insuffisante à l’atelier, pas un défaut d’entretien.

Le sérigraphe peut-il séparer les couleurs à ma place ?

Oui, la plupart des sérigraphes séparent eux-mêmes les couleurs d’un fichier vectoriel, parfois contre un forfait de préparation. À partir d’un JPG ou d’un PNG, ils doivent d’abord redessiner le logo, ce qui se facture davantage : vectoriser avant l’envoi évite le plus souvent cette ligne du devis.